2009 = 1929, et la suite (1) ?

28 février 2009

Bien sûr ce titre est (encore un peu) polémique. Dans 3 mois, il ne le sera plus.

GrandeDepression_Chomage_1.jpg

Comme je le disais en parlant du Krach 2008 (cf ts les billets) puis de la Crise 2009 (cf ts les billets), tout le monde admet désormais que le seul point de repère économique par rapport à la crise internationale que l’on vit est La Grande Depression des années 30.
Pour preuve, même Mister Buffet (Waren de son prénom) publie ce samedi les plus mauvais résultats depuis la création de Berkshire Hathaway.

Reconnaissons à Jacques Attali son talent à avoir rapproché l’année 2008/2009 des années 30, cela avant les autres, fin septembre 2008 dans l’Express. Je l’avais repris dans mon billet d’octobre 2008.

Quelles différences entre 2009 et 1929 ? (- et + indiquent les effets négatifs ou positifs)

1) - : 2009 est la première crise mondiale + relayée en temps réel, 1929 ne l’était pas

Mondialisation, Informatique, Internet… : en 2009, les systèmes médiatiques et économiques (cf le site internet du Fond Monétaire International) relaient les informations en temps réel. Ce qui fait que la crise se loge immédiatement dans tous les esprits. Le flux médiatique ne cherche plus (ou si peu) à expliquer : nous sommes désormais dans la société de l’instantanéïté, créée par et nécessaire à la consommation de masse.

Conséquence : peu de gens comprennent ce qu’il se passe (c’est pourtant simple, une arnaque gigantesque sur un fond d’idéologie économique ayant échoué) et (presque) tout le monde a peur. Cette peur immédiate et relayée nous entraine dans une dynamique recessionniste qui s’alimente d’elle même. Rappelons que l’Economie repose avant tout sur la confiance.

Un exemple ? Tout le monde sait qu’au dernier trimestre (Q4), les US font -6,2% de croissance un chiffre qui à lui seul permet de parler désormais de Dépression et non plus de Récession. En France, presque 100 000 emplois ont été perdus sur le seul mois de janvier 2009 (c’est du jamais vu depuis que les statistiques existent).

2) + : en 2008/2009, les Etats soutiennent le secteur bancaire, en 1929, ils ne l’ont pas fait.

En 1929, près de 2000 banques américaines font faillite. Jusqu’en février 33, date à laquelle Roosevelt devient Président des Etats-Unis, aucune action d’envergure n’est engagée. Les Etats-Unis sombrent dans la Grande Dépression. Une personne sur 4 est au chômage soit 25% de la population (US). Rappelons qu’à l’époque, le chômage n’est PAS indemnisé…

En 2008/2009, à l’exception de Lehman Brother, les Etats n’abandonnent pas le secteur bancaire, malgré les erreurs comises. “La situation américaine est assez simple à décrire. Les pertes potentielles du secteur bancaire sont aujourd’hui estimées à 1800 milliards de dollars, soit 12% du PIB, décomposées en 1100 milliards de pertes sur prêts non remboursés et 700 milliards de dépréciation de titres (rappelons que la perte du Crédit Lyonnais a représenté moins de 1% du PIB français. Les autorités américaines ont donc une douzaine d’équivalents du Crédit Lyonnais simultanément sur les bras). Le montant total en fonds propres du secteur bancaire américain est du même ordre de grandeur que les pertes annoncées. Il est donc potentiellement insolvable, ce dont on va s’apercevoir progressivement dans les semaines et mois qui viennent.” Belle pédagogie de la part de Jean Peyrelevade.
Il poursuit (en substance) : Barack a donc deux solutions
1) Nationaliser les banques
2) constituer une gigantesque Bad Bank…

La suite dans un prochain billet, pour expliquer le graphique ci-dessous, vous suivez ?

DepensesPubliques_1.jpg

Tags : -

S'abonner au blog

Flux rss
Newsletter

Auteur

Olivier MarxPassionné du web
depuis 96, ai vécu au
sein d'une webagency
européenne l'avant bulle
Internet et l'après bulle.

Fondateur d'Altics société de conseil Internet spécialisée dans l'expérience utilisateur en 2004.

Animateur du Panthère's Club, rencontres de dirigeants Internet. Contactez-moi.